Lors de son passage dans l’émission « C’est à vous » diffusée le 11 mars dernier, Jean Dujardin s’est longuement exprimé sur l’un des rôles emblématiques de sa filmographie. Le comédien n’exclut pas de remettre les tongs du surfeur niçois le plus célèbre du cinéma français.
Un personnage qui traverse les décennies
Selon les propres mots de l’acteur, toutes les options restent envisageables pour faire revivre Brice. « Ce personnage m’a suivi au café-théâtre, dans les établissements avec cette création, à la télévision, au cinéma puis sur internet. Il n’est absolument pas exclu qu’on puisse l’adapter sur scène, pourquoi pas même dans un format de comédie musicale. Si l’existence m’accorde au minimum 75 ou 80 années, j’apprécierais vraiment d’explorer cette piste. »
Le parcours professionnel de Jean Dujardin impressionne par son ampleur, couronnée en 2012 par la prestigieuse statuette dorée pour son interprétation dans The Artist, réalisé par Michel Hazanavicius. Néanmoins, parmi les productions comiques qui ont marqué durablement le public français, Brice de Nice et sa suite occupent une place particulière. Comme le souligne l’acteur, « toutes les possibilités demeurent ouvertes avec cette figure. »
La vision d’un Brice vieillissant
L’idée d’incarner un Niçois âgé, lourdement maquillé, contemplant une Méditerranée paisible me procure une réelle satisfaction.
Jean Dujardin lors de son intervention à « C’est à vous » le 11 mars dernier.
Un classique du cinéma français
Débarqué dans les salles obscures le 6 avril 2005, le premier volet de Brice de Nice a célébré son vingtième anniversaire l’an passé avec la sortie d’une édition restaurée. Cette comédie devenue culte, filmée dans les rues de Nice et orchestrée par le réalisateur James Huth, réunissait une distribution prestigieuse comprenant Clovis Cornillac, Elodie Bouchez, Bruno Salomone récemment disparu ce week-end, ainsi qu’Alexandra Lamy.
Les péripéties de ce surfeur amateur qui enchaîne les festivités sur la Côte d’Azur en attendant patiemment la vague idéale sont entrées dans l’histoire du cinéma populaire français.
Hommage à Bruno Salomone
L’antagoniste de Jean Dujardin dans Brice de Nice nous a quittés ce dimanche à l’âge de 55 ans. Bruno Salomone avait également conquis le cœur du grand public grâce à son interprétation d’un père de famille dans la série télévisée à succès « Fais pas ci, fais pas ça. »
Un registre dramatique aux antipodes
Si l’acteur occupait le plateau de « C’est à vous » ce 11 mars, c’était avant tout pour assurer la promotion de son nouveau long-métrage « Les rayons et les ombres », programmé en salles à partir du 18 mars prochain.
Un rôle diamétralement opposé à celui du surfeur insouciant. Le film retrace l’histoire authentique, durant le second conflit mondial, de Jean Luchaire, directeur de presse initialement pacifiste accompagné de sa fille Corinne. Ce dernier basculera progressivement pour devenir l’un des partisans les plus actifs de la collaboration. Le métrage s’étend sur 200 minutes pour dépeindre « une personnalité qui s’enfonce progressivement vers les pensées les plus périlleuses » selon les termes du cinéaste Xavier Giannoli.
Entre comédie et drame
Questionné sur la variété des caractères qu’il incarne, Jean Dujardin répond avec franchise. « L’être humain n’est pas constamment joyeux, nous possédons tous des facettes sombres dont on se sert… Le registre comique m’habille peut-être un peu mieux ! J’observe mon parcours professionnel sans mélancolie, avec énormément d’affection : « Un gars une fille », « OSS 117 », « Brice de Nice ». »
Le suspense demeure
S’agira-t-il d’un rendez-vous confirmé avec le public ? Seul l’avenir nous apportera la réponse. Une chose demeure certaine : Jean Dujardin n’a pas refermé le chapitre Brice de Nice, et les possibilités d’un troisième volet ou d’une adaptation scénique continuent de nourrir l’imagination de ses admirateurs.
Le comédien, fidèle à son parcours éclectique, continue d’explorer tous les territoires du jeu d’acteur, des comédies légères qui ont construit sa notoriété aux drames historiques les plus sombres. Cette amplitude artistique constitue précisément la signature d’une carrière exceptionnelle qui ne cesse de surprendre et de renouveler son public.







